Par Louis-Philippe Samson
CULTURE. Frédérique Mousseau se prépare pour les plus beaux défis de sa carrière alors qu’elle s’envolera le 7 février pour les États-Unis, où elle est à l’affiche de la tournée de la comédie musicale Bernadette.
Dès le 12 février, la Drummondvilloise sera en prestation à Chicago. Il s’agit d’une occasion rêvée pour Frédérique Mousseau, qui voit cette tournée à travers des villes telles que Boston, Philadelphie, Dallas et Atlanta, comme une façon de se rapprocher de son rêve de fouler les planches de Broadway.
«J’ai fait plusieurs comédies musicales, mais c’est la première fois que je vais sortir du Québec, partage avec excitation Frédérique Mousseau. C’est aussi la première fois que je vais jouer en anglais seulement. J’ai vraiment amélioré mon anglais ces derniers mois et ça m’ouvre plus de portes du côté anglophone.»
Il faut savoir que la comédie musicale, qui reprend l’histoire de Bernadette de Lourdes, une figure chrétienne bien connue en France, a d’abord été montée pour l’Hexagone avec le metteur en scène québécois Serge Denoncourt. Des producteurs américains, dont l’acteur Kelsey Grammer, ont ensuite importé la pièce aux États-Unis en la traduisant en anglais et en conservant M. Denoncourt à la mise en scène.
«La comédie musicale raconte l’histoire d’une jeune fille de 14 ans qui a des apparitions, mais qui défie l’autorité, qui décide de croire en ce qu’elle voit et de se faire confiance. Finalement, ce n’est pas tant une histoire religieuse, c’est une jeune femme qui se fait confiance et qui devient une figure reconnue», relate l’artiste.
La Drummondvilloise a obtenu sa place dans la distribution grâce à son audition devant M. Denoncourt à Montréal, dans un processus qui s’est également fait à New York. Pour cette pièce, elle occupe le rôle de «swing universelle». Cela signifie qu’en plus de son rôle attitré, elle a eu à apprendre le parcours de six autres rôles de la distribution qui compte sur un ensemble de sept femmes. Lors d’une représentation où toute la distribution est présente, la comédienne de 27 ans interprète différents personnages se trouvant dans les scènes de foule.
«Ça fait en sorte que je suis capable de remplacer au pied levé n’importe qui. C’est aussi la première fois que j’apprends autant de rôles. Dans l’ensemble, je n’ai pas un rôle énorme parce que le but premier d’être dans ce spectacle est de pouvoir remplacer n’importe qui s’il manque quelqu’un quelque part», commente-t-elle.
Cela a tout de même représenté tout un défi pour Frédérique Mousseau. L’apprentissage de tous ces rôles en deux mois de répétitions intensives à Montréal a demandé pour elle un autre genre de travail. Confiant aimer se sentir en plein contrôle de ses rôles, elle convient qu’elle a dû travailler sur son «laisser aller», car il aurait été impossible pour elle de maîtriser à la perfection autant de parcours différents.
«Pendant la production, j’ai dû remplacer deux filles sans avertissement. Ça m’a prouvé que ça peut arriver que je doive remplacer, que je suis capable et prête pour ça. Avec mes expériences précédentes en comédie musicale, j’étais mûre pour ce genre de défi. Je suis heureuse de pouvoir l’expérimenter», témoigne Mme Mousseau.
L’artiste confie aussi avoir une certaine appréhension quant à la distance qui la séparera de ses proches durant la tournée. Ce sera une autre première pour elle de s’éloigner durant une aussi longue période. Malgré tout, elle se sent prête pour cette expérience unique et, déjà, plusieurs lui ont confirmé avoir prévu se rendre à une représentation de la pièce au courant de la tournée qui s’étirera jusqu’en janvier 2027.
Titanique
Frédérique Mousseau sera néanmoins de retour au Québec pour la saison estivale. Elle a obtenu une pause de trois mois afin de prendre part à la parodie musicale Titanique, produite par le groupe Juste pour rire. Dans cette pièce, Céline Dion, interprétée par Véronique Claveau, raconte l’histoire du film Titanic de son point de vue.
Grande fan assumée de Céline Dion, la Drummondvilloise a vu la pièce originale en anglais l’an dernier et a eu un coup de cœur instantané pour celle-ci. Lorsqu’elle a su qu’elle était adaptée en français, il lui était évident qu’elle devait tenter sa chance. Elle a finalement obtenu l’un des trois rôles de choristes qui accompagnent en tout temps Céline sur scène. Elle assurera également la doublure du personnage de Rose, confié à Audrey-Louise Beauséjour.
«Comme choriste, on chante les chœurs et les chansons, mais on a aussi des lignes de dialogue et des actions. J’ai fait les auditions sans trop d’attentes. Mais quand on m’a appelée pour m’annoncer que j’avais le rôle, je ne pouvais pas refuser d’être dans une œuvre comme celle-là. La vie a été bonne pour moi. On a été capable de tout arranger entre les deux productions. Je suis capable de faire les deux, mais disons que je n’aurai pas beaucoup de vacances en 2026», s’exclame-t-elle.
Consciente qu’elle pratique un métier qui peut être incertain, Frédérique Mousseau accueille avec humilité que ses souhaits lui sont accordés «sur un plateau d’argent». «Je dis oui et je m’arrange pour honorer les rôles qu’on m’a offerts, être là et profiter de chaque moment. Ce sera l’année la plus occupée de ma vie dans ma carrière de comédienne», affirme Mme Mousseau.
Titanique sera présentée à Montréal en juin ainsi qu’à Gatineau et à Québec en septembre. À travers cela, la Drummondvilloise sera à l’affiche de différents festivals au Québec pour y interpréter ses propres chansons, dont celles de son mini-album Les lunettes roses, paru en novembre dernier.
«C’est le plus beau privilège de pouvoir jouer ma musique. Ça a été une grosse année de travail et de voir que les gens l’ont écoutée ça fait plaisir. Je me sens soutenue et je suis heureuse de tout ça», conclut Frédérique Mousseau.